Nombreux sont les petits gestes qu’on effectue au quotidien. Que ce soit l’index qu’on met devant la bouche en guise de « chut » à la bibliothèque quand on parle trop fort ou quand on fait du bruit, le doigt qui sert à pointer un repas qui nous fait saliver sur le menu, ou encore lorsqu’on lève la main pour héler un taxi. Ces gestes universels figurent parmi ceux les plus répandus et sont pourtant une des formes de langue des signes dans leur état le plus élémentaire. La langue des signes est utilisée par les personnes sourdes et malentendantes, mais également par les entendants. Apprendre cette langue permet de communiquer avec ces personnes et cela favorise ainsi leur intégration.
Tout comme les autres langues auxquelles nous sommes plus habitués, la langue des signes n’est pas universelle. Ainsi, les alphabets dactylologiques belge, néerlandais, suisse, allemand, danois, suédois, italien, espagnol, portugais, argentin, brésilien n’utilisent qu’une seule main pour épeler un mot. En effet, ils ont tous la même racine : l’alphabet des sourds français utilisé au 18e siècle. À contrario, les alphabets anglais, australien, irlandais, yougoslave font appel aux deux mains.
L’histoire de la LSF
C’est l’abbé Charles Michel de l’Épée (1712-1789) qui fonda au 18e siècle la première école publique destinée aux personnes sourdes. Son système éducatif va se fonder sur les signes naturels qu’il a pu observer chez les sourds qu’il rencontre, les signes méthodiques et la dactylologie (langage gestuel) dont il se sert pour l’enseignement du français. Il a initié la recherche sur un langage de signes méthodiques utilisables par les personnes sourdes, afin de lier ces signes avec le français écrit, commettant peut-être l’erreur, comme l’a souligné Ferdinand Berthier, de vouloir assimiler la structure syntaxique du français à celle de la gestuelle des sourds. Le regroupement des élèves sourds dans son institution, après sa mort, sentant le besoin de communiquer entre eux, a eu pour effet de favoriser et perfectionner la langue des signes française (LSF).
Existe-t-il une langue des signes universelle ?
On a souvent tendance à croire qu’il n’existe qu’une langue des signes universelle alors qu’il en existerait 144 selon le site Ethnologue. La langue des signes américaine (ASL, pour American Sign Language), par exemple, est assez différente de la langue des signes britannique, bien que l’anglais soit parlé dans les deux pays.
Les langues des signes sont aussi riches, complexes et créatives que les langues parlées, et se composent de mouvements des mains, d’expressions faciales et de langage corporel. La langue des signes a probablement été le premier mode de communication des humains, même si le premier système formel d’alphabet en langue des signes n’est apparu qu’au XVIIe siècle, en Europe, pour instruire les enfants sourds. Aujourd’hui, la langue des signes est la langue la plus utilisée par de nombreuses personnes sourdes et est également apprise par des entendants qui souhaitent communiquer avec la communauté sourde. La langue des signes n’est donc pas universelle, même si une tentative pour créer une Langue des Signes Internationale existe. En effet, la LSI appelée le Gestuno au départ, créée par la Fédération mondiale des sourds (WFD) dans les années 1970, adopte un certain nombre de signes pour essayer de créer un système facilitant la communication à l’international.
Quelques conseils pour la communication
Si vous ne connaissez pas la langue des signes, la communication avec un sourd est tout à fait possible, car ils lisent aussi souvent sur les lèvres. C’est la lecture labiale.
- Parlez à la personne bien en face. Sachez que les moustaches, un stylo dans la bouche ou une cigarette gênent la bonne compréhension de la lecture labiale.
- Ne vous retournez pas ou ne baissez pas la tête lorsque vous parlez afin que votre interlocuteur sourd ne perde pas un morceau de la discussion.
- Si vous changez de sujet, prévenez votre interlocuteur. Comme on ne peut lire sur les lèvres que 30 % des mots, les 70 % restants sont des hypothèses.
- Évitez les phrases longues. Préférez des phrases simples et courtes qui facilitent la compréhension et demandent moins de concentration visuelle à la personne sourde.
- En cas d’incompréhension, répétez votre phrase en articulant mieux, il n’est pas utile de la prononcer plus doucement, c’est l’articulation qui compte.
- Ne la répétez pas en criant. De plus, crier donne des mimiques faciales proches de celles de l’énervement et de l’agacement.

