L’instabilité émotionnelle est une variation marquée et excessive des émotions, qui dépasse les simples hauts et bas du quotidien. Tout le monde connaît des changements d’humeur, mais lorsque ces fluctuations deviennent intenses et fréquentes, elles peuvent révéler un mal-être plus profond, comme une dépression ou un trouble psychique.
Cet article met en lumière le fait que certaines personnes vivent sur une « montagne russe émotionnelle », alternant rires et larmes, excitation et apathie. Ces oscillations émotionnelles peuvent avoir des conséquences négatives sur les relations sociales, amicales ou amoureuses, en particulier quand elles s’accompagnent de réactions impulsives, de colère incontrôlée ou de comportements extrêmes face à des situations banales. Ces signes peuvent indiquer des troubles plus sérieux, comme le trouble borderline ou le trouble bipolaire. Carol W. Berman, psychiatre, rappelle que les personnes souffrant de troubles de la personnalité sont souvent inconscientes de l’impact de leur comportement sur autrui.
Parfois, l’instabilité émotionnelle trouve son origine dans un traumatisme ancien, mal digéré, ou dans un déséquilibre neurologique affectant le cortex préfrontal et le système limbique du cerveau. Le système dopaminergique, qui régule les émotions, est également impliqué.
Le stress quotidien apparaît comme un facteur aggravant majeur. Pour y faire face, il est essentiel d’adopter un mode de vie équilibré : éviter les sources de tension, favoriser un bon sommeil, avoir une activité physique régulière (comme la marche, le vélo ou la natation) et apprendre à s’écouter. Travailler sur soi, notamment à travers une psychothérapie, la parole ou la psychanalyse, permet de mieux comprendre ses émotions, d’en identifier les causes et d’y répondre de façon adaptée. Comme l’explique le psychologue Jacques Arènes, la relation thérapeutique peut être un espace de vérité qui aide à retrouver l’équilibre intérieur. Même l’humour est recommandé : il permet de relativiser les conflits et de rendre la vie plus légère.
Dans certains cas, un traitement médicamenteux, prescrit par un psychiatre, peut être nécessaire, notamment pour les troubles bipolaires, où les régulateurs d’humeur montrent une réelle efficacité.
Une autre voie explorée est celle de la communication non violente. Elle repose sur quatre étapes fondamentales : Observation sans jugement, expression du Sentiment, identification du Besoin non satisfait ou comblé, puis formulation d’une Demande claire. La CNV permet de reconnaître et d’exprimer ses émotions sans agressivité, en mettant en lumière les besoins cachés derrière chaque réaction émotionnelle.
La clé de la stabilité émotionnelle réside dans l’écoute de soi-même. Être en harmonie avec ses besoins, savoir les nommer et les exprimer, aide à mieux gérer ses émotions, à renforcer sa résilience et à construire des relations plus saines avec les autres comme avec soi-même.